Afrique: Assemblée génerale "historique" de CASB à Tunis

En prélude aux 6e championnats d'Afrique en Triplettes et au Tir de précision, l'Assemblée Générale 2017 de la Confédération Africaine du Sport des Boules a rassemblé à Tunis une quarantaine de représentants de 18 Fédérations Africaines, sous la direction du Président de la CASB, M. Ibrahima Idrissou, et en présence de Claude Azéma, le Président de la CMSB.

Dans son allocution de bienvenue, M. Lassaâd Eddhif, Président de la Fédération Tunisienne de Boules et de Pétanque, a appelé tout le monde à la sagesse et au travail dans la confraternité pour le plus grand bien du Sport des Boules. Il a annoncé pour demain la présence de la Ministre es sports à la cérémonie d'ouverture.

Puis M. Idrissou a dressé un état des lieux et souligné les progrès continus accomplis par la Confédération depuis sa remise en route en 2006 à Grenoble, en particulier sa reconnaissance - après avoir épongé les dettes de la gestion précédente - par l'UCSA - l'Union des Confédérations de Sport Africaines - et la première admission de la Pétanque aux Jeux Africains à Brazzaville. Une épreuve de lyonnaise avait même été ajoutée et deux terrains réalisés, mais aucun Gouvernement n'avait proposé l'inscription d'équipes alors qu'il en faut un minimum de 5. Il convient cependant de savoir que les Jeux Africains sont placés sous l'autorité de l'OUA et ne dépendent donc pratiquement pas du monde sportif africain.

En harmonie avec les nouveaux statuts proposés pour les confédérations, ce mandat sera placé sous le sceau de la fraternité et l'accent sera mis sur la formation et sur le développement de toutes les disciplines boulistes. La CASB conformera sa répartition géographique avec le découpage voulu par l'UCSA. Dès les Championnats organisés ici à Tunis, les pays présents choisiront leur président de zone et un autre représentant avant qu'ils ne soient soumis à réélection dans deux ans au moment du renouvellement du bureau de la CASB. Ces présidents siègeront d'ailleurs au sein même du Comité Exécutif de la CASB et obtiendront des pouvoirs et des missions dans leur zone.

Après que l'Assemblée eut entériné à l'unanimité le choix de M. Faouzi Marrouchi de Tunisie comme nouveau Secrétaire Général, les obligations professionnelles et politiques du précédent l'empêchant de remplir correctement ce rôle, ce dernier s'est rapidement présenté : juriste avec un master de droit international et un master de sciences politiques, sorti de l'ENA, enseignant à l'université de droit, chef de cabinet à la Présidence de la République.

Le Président Azéma a exposé ce qu'il attendait de l'évolution de la gouvernance de la CMSB, les nouveaux statuts s'inscrivant dans cette perspective. Ils devront être examinés par un groupe ad hoc qui pourra les compléter avec des dispositions figurant dans les statuts actuels, les proposer au Comité Exécutif et ils seront soumis au vote de l'Assemblée Générale de 2018 pour être applicables en 2019 pour les prochaines élections.

Le groupe de travail sera placé sous la direction du Secrétaire Général et M. Harroug, président de la Fédération Algérienne en fera partie, sachant que le groupe pourra travailler essentiellement par e-mails.

Conscients des critiques qui ont pu être adressées à M. Idrissou le Président Azéma a souligné que ce dernier était souvent seul et qu'il fallait l'entourer pour travailler avec lui. La gouvernance doit être plus collégiale avec des commissions travaillant vraiment pour soumettre des propositions au Comité Exécutif. Il a insisté sur la nécessité de mettre en place une commission technique pour développer les formations ainsi qu'une commission médicale travaillant en liaison avec celle de la CMSB, en soulignant qu'il n'est pas nécessaire d'appartenir au monde médical pour en faire partie, l'essentiel étant un travail administratif, de relations avec l'AMA, d'organisation de contrôles anti-dopage, de formation et d'information sur ce sujet...

Il conviendra surtout de s'engager rapidement dans l'organisation de Championnats d'Afrique pour les Féminines. Cette absence serait rédhibitoire aux yeux du mouvement olympique mondial d'autant que la CMSB a fait mettre en avant, dans le dossier de candidature, des épreuves mixtes puisque cela est courant dans nos disciplines. A l'issue de la rencontre avec Mme la Ministre des Sports de Tunisie le lendemain, il semble acquis que la première édition de ces championnats d'Afrique Féminin pourra avoir lieu l'an prochain à Tunis avec l'aide du Gouvernement. Il devrait même être possible de les jumeler avec des Championnats pour les Jeunes.

Cela permettra en outre de suivre les préconisations des nouveaux statuts qui prévoient au moins deux réunions annuelles du Comité Exécutif - une au printemps, l'autre avant un championnat d'Afrique, puisqu'il y en aura désormais un par an - afin que leurs membres puissent échanger plus régulièrement et ne pas attendre trop longtemps pour régler certaines affaires.

Sur ce sujet et sur proposition de M. Archane, Président de la Fédération Royale Marocaine de Pétanque, a été créé un Comité des Sages ou Comité d'éthique qui sera chargé d'examiner et de traiter les cas personnels qui pourraient apparaître et qui empoisonnent l'atmosphère. Il en assurera la Présidence.

A ce propos le Président Azéma a rappelé à ceux qui s'étonnait du "silence" de la FIPJP que celle-ci n'intervient jamais dans les ca de personne. Elle ne s'intéresse qu'aux éventuelles sanctions contre des fédérations, ce qui n'est pas le cas dans l'affaire citée puisque le Burkina peut tout à fait participer à ces Championnats.

Il a rappelé que, à l'échelon international, le mouvement sportif est totalement indépendant et maître de ses choix quant aux fédérations qu'il peut admettre ou refuser. Peu importe qui un Gouvernement reconnaît, une Fédération Internationale est totalement libre de choisir la fédération nationale qui lui semble le mieux correspondre à ses principes et d'exclure celles qui ne n'y satisfont pas. Tel est même le cas pour les Comités Olympiques Nationaux : le CIO peut tout à fait décider de suspendre ceux qui ne travaillent pas dans la bonne voie ou ne respectent pas ses valeurs.

Des échanges ont également eu lieu sur la multiplication des instances continentales dans le domaine du Sport des Boules. Si le Président Azéma a indiqué que chaque fédération internationale était libre de ses choix, plusieurs intervenants ont estimé que la multiplication des instances ne pouvait que nuire à l'image des Boules en Afrique et rendre moins forte notre voix, d'autant que, à part au Maroc, les trois disciplines - qu'elles soient réellement pratiquées ou pas - relèvent partout de la même fédération nationale.

Une chose est de créer une instance, une autre est de la faire fonctionner régulièrement et efficacement, comme cela est démontré avec plusieurs regroupements continentaux en Afrique - Maghreb, Union Arabe par exemple - ou, au-delà, comme pour l'Union de la Méditerranée créée il y a 4 ans et qui pourrait cependant être utile. Il en va de même de la création de "fédérations" autour de quelques personnes hors de toute structure et sans existence réelle, ce qui ne peut qu'être mal pris dans les pays concernés où elles ne sont pas reconnues.

Avant de répondre aux questions le Président Azéma a traité rapidement de la question de la candidature du Sport des Boules au programme olympique. Si le choix de Paris pour 2024 est un atout supplémentaire, l'issue n'est pas pour demain. Il faut surtout souligner en toute circonstance que la candidature est celle du Sport des Boules et pas seulement de la Pétanque ou de la Lyonnaise, ou de la Raffa. Même s'il n'y avait qu'une seule discipline retenue, toutes les autres deviendraient olympiques. C'est pourquoi il a lui-même soutenu la candidature de la seule Boccia pour les Jeux Olympiques de la Jeunesse de 2018 à Buenos-Aires, mais le responsable désigné pour suivre le dossier semble avoir été pour le moins transparent ! Il faut éviter de refaire l'erreur commise à Barcelone qui a abouti à ce que notre discipline n'a pas été retenu dans les sports alors dit de démonstration. Or certains ont un peu tendance à continuer dans cette voie ce qui est très dangereux.

Pour l'instant il faut attendre la mise en place d'un comité d'organisation - COJO - à Paris après dissolution du Comité de candidature, que ce dernier consulte les Fédérations Internationales, voire leur envoi un questionnaire comme l'a fait Tokyo suite à une proposition que j'avais formulée lors de Sport Accord à Sotchi, en choisisse un certain nombre, transmette sa demande au CIO, seul décisionnaire en fin de compte; elle y sera examinée d'abord par la Commission du Programme, puis par la Commission Exécutive et cette dernière décidera lesquelles elle soumettra au vote de la Session ce qui nous amènera sans doute à celle de l'automne 2019.

Certes il va falloir davantage cibler notre action sur ce futur COJO et là il s'agira de travailler franco-français, mais il est important de continuer à rencontrer les membres du CIO, de leur fournir des documents, de leur expliquer les raisons et les avantages de notre candidature. Le Président Azéma fournira aux fédérations les membres du CIO en Afrique et des documents sur les avantages du Sport des Boules. Il faudra surtout que l'action porte en priorité sur les membres de la Commission du programme et de la Commission Exécutive, - qu'il sera prêt à rencontrer si possible - mais l'action doit être initiée par nos fédérations nationales qui doivent agir directement dans chaque pays pour prendre des rendez-vous, porter les documents car les envois postaux ou par e-mail ne riment à rien, rencontrer les membres du CIO nationaux ou les personnalités influentes du monde du sport.

Sachant que la France est particulièrement attentive à ce qui se passe en Afrique, l'appui de tous ses pays est essentiel. La CMSB attend donc des fédérations nationales qu'elles incitent tous leurs membres et leurs amis à s'inscrire en soutien sur le site Boules Sport 2024; qu'elle fassent la photo de candidature avec toutes les personnalités du pays, politiques, sportives et autres; qu'elles mettent partout les affiches Boules Sport 2024 - elles sont sur le site - qu'elles parlent de la candidature avec les éléments ci-dessus et les documents que le Président Azéma leur enverra et qu'elles communiquent à la CMSB toutes les présences médiatiques : journaux, programmes, radios et télévisions.

Le lendemain ont été réalisées les photos candidature avec la Ministre des sports de Tunisie, avec tous les représentants des fédérations puis avec l'ensemble des joueurs.

Au cours des échanges qui ont suivi tous ceux supposés être des opposants ont clairement exprimés qu'ils n'entendaient nullement prendre la place de M. Idrissou dont l'efficacité est reconnue, les critiques portant essentiellement sur la forme.

M. Archane, qui était déjà présent au premier championnat du monde à Spa en 1959 a indiqué qu'il ne voulait pas de cette lourde responsabilité mais qu'il souhaitait simplement le respect des valeurs et une meilleure communication entre tous. Il a même annoncé qu'il apporterait une aide de 10 000 € à la CASB comme il l'a fait pour la candidature, ce dont l'a publiquement remercié le président Azéma. M. Gass a même ironiquement souligné que le temps des Mobutu était terminé, qu'il fallait travailler en équipe et qu'il était prêt à s'impliquer au niveau de sa zone.

Ont été également évoqués:

  • La question des cotisations, la CASB recueillant en même temps les siennes et celles de la FIPJP puisqu'il n'est pas possible de participer à un championnat du monde ou à un championnat d'Afrique sans être à jour de ses cotisations. Quelques erreurs seront à corriger, mais le Bénin et Madagascar sont sous le coup d'une éventuelle suspension à la suite des Jeux Mondiaux.
  • La nécessité d'entourer le Président de la CMSB et de multiplier les échanges et les informations non seulement entre les membres du Comité exécutif mais aussi entre toutes les fédérations.
  • La renaissance d'un véritable site de la CASB avec archives, informations, actualité, organisation...